Feu clignotant interdit à vélo, amende annoncée, exceptions floues, textes qui se contredisent… Beaucoup de cyclistes se retrouvent aujourd’hui à hésiter devant leur éclairage en se demandant si leur installation est conforme au code de la route. La réglementation française a évolué avec le décret du 27 novembre 2024, censé clarifier l’éclairage des cycles et des EDPM, mais le résultat ressemble plus à un jeu de piste juridico-lumineux qu’à un guide limpide. Entre ce que dit la loi, ce qu’en retiennent les forces de l’ordre, et ce qui reste indispensable pour la sécurité routière, il y a parfois un fossé.
Dans la pratique, la nuit ou par mauvaise visibilité, le vélo doit impérativement être équipé d’un feu avant blanc ou jaune fixe et d’un feu de position arrière rouge, lui aussi fixe. Le feu clignotant à l’arrière, utilisé des années comme « gyrophare des cyclistes » pour mieux se faire voir en circulation, se retrouve pointé du doigt. Pourtant, d’autres articles du code semblent encore autoriser des feux à intensité variable. Résultat : certains continuent d’utiliser leurs feux clignotants en journée, d’autres les coupent systématiquement, et une partie des cyclistes ne sait même plus quel mode sélectionner sur son feu arrière. Tout ça alors que l’objectif reste le même pour tout le monde : arriver entier.
- Le feu de position arrière doit être rouge, fixe et visible de loin la nuit et par mauvaise visibilité.
- Les feux clignotants à vélo sont encadrés par plusieurs articles du code de la route qui ne disent pas tous la même chose.
- Le non-respect des règles d’éclairage peut entraîner une amende forfaitaire de 11 €.
- Les clignotants de direction et les feux-stop additionnels portés sur le cycliste sont désormais autorisés et encadrés.
- Pour la sécurité, mieux vaut distinguer usage urbain dense, circulation en groupe et longues routes de campagne rapides.
Feu clignotant interdit à vélo la nuit : décryptage précis du code de la route
Pour comprendre ce que la loi prévoit réellement sur le feu clignotant à vélo, il faut commencer par les bases : ce que doit posséder un cycle pour être autorisé à circuler, la nuit comme en journée lorsque la visibilité chute. C’est l’article R313-5 qui fixe l’obligation de feu de position arrière pour les cycles et les engins de déplacement personnel motorisés. Il impose un feu rouge allumé la nuit ou par visibilité insuffisante et précise désormais que ce feu ne doit pas clignoter.
Ce point est nouveau dans sa formulation et a déclenché beaucoup de débats. Pendant des années, on lisait que seul le feu avant devait être fixe, tandis que la réglementation tolérait un feu arrière clignotant. Beaucoup de cyclistes urbains se sont équipés en conséquence, convaincus qu’un clignotement rapide attirait plus l’attention des automobilistes qu’un simple point rouge fixe noyé dans la circulation. Avec le décret n° 2024-1074, le texte se durcit : le feu de position arrière, dans les conditions d’allumage obligatoires, doit être fixe.
Ce même décret vient également rappeler les exigences pour le feu avant. L’article R313-4 exige un éclairage émettant vers l’avant une lumière non éblouissante, jaune ou blanche. Là encore, le texte ne mentionne pas explicitement le clignotement, mais entre la notion de « non éblouissante » et les précisions apportées ailleurs dans la réglementation, le message est simple : un phare de vélo doit éclairer la route avec un flux constant, et non faire un stroboscope façon lampe de discothèque.
Le problème, c’est que tout le monde n’interprète pas ces articles de la même façon. Certains juristes rappellent que le terme « feu de position arrière » renvoie à un rôle précis dans la signalisation : ce feu doit signaler la présence continue du véhicule. Dans cette logique, le clignotement serait réservé à d’autres dispositifs, comme les clignotants de changement de direction ou les signaux de détresse, ce que confirme l’article R313-25. On commence à voir comment la machine se grippe.
Du point de vue du cycliste de tous les jours, la conséquence est pourtant très concrète. Sur un contrôle routier nocturne, avec un feu arrière qui clignote au lieu de rester fixe, l’agent peut considérer que le vélo n’est pas équipé d’un feu de position conforme. L’infraction tombe, avec une amende forfaitaire de 11 €. Le montant reste modeste, mais ce n’est pas la question. Le vrai sujet, c’est de savoir si le cycliste est mieux protégé avec un feu fixe ou clignotant, et comment concilier cette protection avec un texte de loi parfois ambigu.
Pour ajouter une couche, le décret 2024-1074 ne se contente pas de parler de feux fixés au vélo, il s’intéresse aussi aux équipements portés par le cycliste. Feux-stop sur le casque, bandeaux lumineux sur le sac, clignotants intégrés aux gants ou au gilet : ces dispositifs sont désormais reconnus par la réglementation, à condition de respecter certains principes de signalisation. Le feu de position obligatoire doit rester sur le vélo, les lumières additionnelles peuvent compléter mais pas remplacer ce socle.
En résumé, sur le plan purement légal, le cadre est le suivant : la nuit et en cas de mauvaise visibilité, tout vélo en circulation doit afficher un feu avant fixe non éblouissant et un feu de position arrière rouge fixe. Le clignotement, lui, bascule dans une zone plus grise, que ce soit via les gadgets additionnels ou dans des usages limités à la journée.

Contradictions entre articles de loi et marge d’interprétation pour le cycliste
Là où la situation devient vraiment délicate, c’est lorsque l’on confronte l’article R313-5 aux autres articles du code de la route. L’article R313-25 indique que les feux et signaux ne peuvent être à intensité variable, sauf exceptions précises : indicateurs de direction, feux de position arrière, feux-stop, feux de brouillard arrière et signal de détresse. Pris isolément, ce texte donne l’impression que le feu de position arrière peut être à intensité variable, donc potentiellement clignotant.
On se retrouve donc avec deux articles qui, mis côte à côte, ne racontent pas la même histoire. D’un côté, R313-5 interdit explicitement un feu de position arrière clignotant sur un cycle la nuit ou par visibilité réduite. De l’autre, R313-25 autorise les feux de position arrière à avoir une intensité variable, sans préciser qu’il exclut les vélos. Les défenseurs du feu clignotant à vélo s’engouffrent logiquement dans cette brèche en affirmant qu’un cycliste reste un conducteur comme un autre, soumis aux mêmes règles qu’un automobiliste pour la signalisation lumineuse.
Le flou s’épaissit encore avec R313-4, qui évoque le feu avant sans parler de clignotement, se concentrant sur l’absence d’éblouissement. Selon la lecture qu’on en fait, certains considèrent que ce texte autorise un phare clignotant, du moment qu’il reste non éblouissant. D’autres, au contraire, estiment que l’esprit du code penche clairement pour une lumière fixe à l’avant, le clignotement étant réservé aux feux d’alerte ou de changement de direction. Les fabricants de matériel naviguent dans ce brouillard en proposant des modes multiples, souvent sans rappel clair sur la légalité de chacun.
En journée, la marge d’interprétation existe encore davantage. L’article R313-5 conditionne l’obligation du feu de position arrière à la nuit et à la mauvaise visibilité. Certains en déduisent qu’un feu clignotant utilisé en plein soleil sur une route dégagée ne tombe pas sous le coup de l’interdiction, puisqu’on ne se trouve pas dans les conditions d’allumage obligatoire. Dans cette logique, le feu serait vu comme un complément de signalisation, pas comme le feu de position réglementaire. Difficile toutefois de garantir que tous les agents de contrôle feront cette même distinction sur le terrain.
Ce contraste entre texte théorique et application réelle n’est pas nouveau en sécurité routière. Sur le terrain, la priorité de la police ou de la gendarmerie reste souvent la visibilité globale du cycliste. Un vélo équipé de bons catadioptres, de vêtements réfléchissants et d’un feu arrière très visible, même clignotant, risque moins d’attirer l’attention qu’un vélo quasiment invisible. Tant que le comportement reste prudent et que la circulation n’est pas perturbée, la tolérance peut exister. Mais compter là-dessus n’est jamais une stratégie fiable.
Au-delà de la lecture ligne à ligne des articles, il faut accepter une réalité : la réglementation sur le feu clignotant vélo n’est pas d’une clarté absolue. Le cycliste doit donc jongler entre ce que dit la loi, ce qu’il observe sur la route, et ce qu’il ressent en termes de sécurité. D’où l’intérêt de raisonner par contexte d’usage plutôt que de chercher une réponse universelle, ce que permet très bien un tableau comparatif.
| Situation de circulation | Type de feu arrière conseillé | Compatibilité avec la loi | Remarque pratique |
|---|---|---|---|
| Nuit en ville, trafic dense | Rouge fixe, intensité modérée | Conforme à R313-5 | Limite l’éblouissement des cyclistes qui suivent |
| Route de campagne peu éclairée | Rouge fixe puissant, éventuel clignotant additionnel en journée | Clignotant discutable la nuit | Visibilité accrue pour les voitures rapides |
| Sortie en peloton | Rouge fixe, intensité réglable | Conforme | Évite la fatigue visuelle dans le groupe |
| Velotaf par temps de brouillard | Rouge fixe + équipements réfléchissants | Conforme | Ne pas compter uniquement sur la lumière |
| Sortie sportive en pleine journée | Rouge fixe ou clignotant discret | Plutôt toléré en pratique | Idéal pour les longues lignes droites |
Au final, prendre le temps d’adapter son éclairage à la situation vaut souvent mieux que de rester bloqué sur le seul débat « clignotant interdit ou pas ». C’est là que l’on bascule du juridique au concret.
Feux fixes, clignotants, équipements sur le cycliste : comment la nouvelle réglementation redessine la signalisation
Le décret du 27 novembre 2024 ne s’est pas contenté d’ajouter une phrase sur le feu de position arrière. Il a aussi mis noir sur blanc des usages qui existaient déjà depuis plusieurs années chez les cyclistes urbains et les amateurs de gadgets lumineux. Feux-stop intégrés au casque, gants avec clignotants de direction, gilets bardés de LED : tout cela entre désormais dans le champ de la signalisation lumineuse additionnelle, à condition de suivre quelques règles assez logiques.
Première règle : l’éclairage obligatoire reste solidaire du vélo. Le feu avant et le feu de position arrière fixés sur le cadre, la fourche ou le porte-bagages constituent le socle minimal exigé par le code de la route. Un feu rouge accroché au sac à dos ne remplace pas un feu arrière réglementaire. Il peut compléter, rendre la silhouette plus visible, mais pas se substituer à ce que la loi considère comme l’équipement du véhicule lui-même. C’est un point que beaucoup de pratiquants oublient en s’équipant uniquement d’accessoires portés.
Deuxième règle : les feux-stop sur le cycliste sont acceptés. Un casque avec feu-stop intégré, par exemple, reste cohérent avec l’idée de signaler un ralentissement aux véhicules qui suivent. La détection se fait en général via un accéléromètre intégré qui augmente l’intensité lumineuse à la décélération. Tant que cette lumière ne se comporte pas comme un feu de position principal, elle s’inscrit dans la logique des textes.
Troisième règle : les clignotants de direction additionnels sont autorisés, mais leur rôle doit rester clair. Des systèmes intégrés à un gilet ou à une sacoche permettent de signaler un changement de direction sans lâcher le guidon. Sur le principe, c’est plutôt une bonne nouvelle pour la sécurité, surtout pour les trottinettes ou les vélos cargo où lever le bras peut déstabiliser. En revanche, ces clignotants ne doivent pas se mélanger avec le feu de position obligatoire : un feu arrière intégré au vélo ne peut pas devenir un clignotant permanent sous prétexte qu’il sert aussi de feu de direction.
Quatrième règle implicite : éviter la confusion. Un cycliste transformé en sapin de Noël, avec LED bleues, vertes et blanches qui clignotent dans tous les sens, peut finir par perturber davantage la circulation qu’un vélo sobre mais bien réglé. La signalisation routière repose sur des codes simples : rouge pour l’arrière, blanc ou jaune pour l’avant, orange pour les indicateurs de direction. S’en écarter trop largement, même si la loi ne détaille pas chaque nuance, ne va pas aider à être compris des automobilistes et des autres usagers.
Dans ce contexte, les équipements additionnels ont un vrai intérêt quand ils sont choisis avec un minimum de rigueur. Un feu-stop bien positionné sur un casque ou sur une sacoche haute se voit souvent mieux que le petit feu rouge coincé sur un hauban bas. Des clignotants sur un gilet peuvent rassurer un débutant en ville qui n’est pas encore à l’aise avec les signaux de bras. L’essentiel reste de ne pas oublier que ces systèmes viennent en plus, pas à la place, des feux réglementaires du vélo.
Pour ceux qui roulent souvent, notamment en velotaf, la meilleure approche consiste à considérer la lumière comme un ensemble : feux fixes sur le vélo, éléments réfléchissants sur les jambes et les chevilles, accessoires lumineux modérés sur le corps. Une combinaison pensée intelligemment envoie un message clair aux autres usagers : « voilà un cycliste, sa position, sa direction, sa vitesse ». Pas besoin de rajouter un stroboscope pour être pris au sérieux sur la chaussée.
Feu clignotant vélo et sécurité routière : quand la pratique contredit parfois la théorie
Si le sujet du feu clignotant vélo déclenche autant de réactions, ce n’est pas par amour du texte de loi, mais parce qu’une partie des cyclistes a la conviction intime qu’un feu arrière clignotant les rend plus visibles. Sur une départementale rectiligne, de nuit, un point rouge fixe au ras de la chaussée se perd facilement dans les phares, les catadioptres et les panneaux. Beaucoup disent ressentir une différence nette quand ils activent le mode clignotant : les voitures doublent plus tôt, s’écartent davantage, ralentissent légèrement en approchant.
Cette perception n’est pas absurde. Le cerveau repère naturellement les variations de lumière et de mouvement. Un clignotement régulier casse la monotonie visuelle et attire l’attention. Les fabricants de radars arrière pour vélo, comme les systèmes qui adaptent l’intensité ou le clignotement à l’approche d’un véhicule, misent exactement sur ce principe. Le problème surgit lorsque cette logique de visibilité maximale se heurte à l’exigence de lisibilité des signaux pour tous les usagers.
En peloton, par exemple, un feu arrière en mode stroboscopique peut vite devenir insupportable. Sur une sortie sportive de deux heures, suivre une roue équipée d’un feu ultra-puissant qui clignote en permanence fatigue les yeux, provoque des maux de tête et peut même gêner l’appréciation des distances. C’est sans parler des cyclistes qui arrivent en face, surtout de nuit sur une route étroite, littéralement « flashés » à chaque clignotement. Dans ce contexte, beaucoup de clubs imposent déjà le feu fixe obligatoire en sortie de groupe, sans attendre que la loi s’en mêle.
En ville, le débat est plus nuancé. Le clignotant arrière attire l’œil, mais se superpose à d’autres signaux lumineux : feux de circulation, feux de véhicules, croisement de phares. Un feu rouge fixe bien réglé, associé à un bon gilet ou sac réfléchissant, suffit souvent à être repéré. Surtout si le cycliste adopte une trajectoire lisible, anticipe ses changements de file et évite les déplacements brusques. La sécurité, ici, ne se joue pas uniquement à la LED près.
Sur le plan personnel, beaucoup de cyclistes établissent leur propre compromis. Certains passent en mode clignotant en pleine journée, lorsque la lumière ambiante risque de diluer un faisceau continu, puis repassent en fixe dès que la pénombre s’installe. D’autres gardent un feu fixe réglementaire sur le vélo et ajoutent un petit feu clignotant sur le casque ou la sacoche pour compléter en conditions difficiles, par exemple sous la pluie ou dans le brouillard. Cette approche par couches successives reste, de loin, une des plus cohérentes avec la fois la réglementation et le bon sens de terrain.
Pour ceux qui enchaînent les trajets domicile-travail toute l’année, une réflexion plus globale sur l’équipement s’impose. Choisir un feu arrière de bonne qualité, avec plusieurs niveaux d’intensité et une autonomie décente, change plus la donne que le simple débat fixe/clignotant. Il serait dommage de se focaliser sur le mode lumineux et de négliger, par exemple, l’entretien global du vélo en hiver, qui joue un rôle énorme sur la sécurité en freinage ou en adhérence. Sur ce point, un tour d’horizon comme celui proposé dans ce guide sur l’entretien du vélo en hiver complète utilement la réflexion sur la lumière.
La vraie ligne directrice, dans tout ça, tient en une phrase : être vu sans gêner. Un feu arrière fixe et puissant, bien ajusté en hauteur, fera déjà beaucoup. Ajouter, selon le contexte, un élément clignotant discret sur le sac ou le casque peut rendre l’ensemble encore plus efficace. Mais transformer son vélo en boule à facettes permanente, surtout de nuit, revient à brouiller la signalisation au lieu de la clarifier.
Conseils concrets pour rouler en règle et bien visible avec ou sans feu clignotant
Passer de la théorie des textes à la pratique quotidienne demande quelques ajustements simples sur le vélo et sur les habitudes. Le premier réflexe utile consiste à vérifier la configuration de son feu arrière. La plupart des modèles actuels proposent plusieurs modes : fixe, clignotant lent, clignotant rapide, parfois même un mode « jour » très puissant. En circulation nocturne ou par mauvaise visibilité, le réglage le plus cohérent avec le code de la route reste le mode fixe. En journée, le cycliste peut éventuellement se permettre plus de liberté, en gardant à l’esprit la lisibilité de ses signaux pour les autres.
Ensuite, la position des feux compte autant que leur mode. Un feu arrière installé trop bas, sur un hauban ou une tige de selle très courte, se retrouve vite caché par le bagage, les vêtements ou simplement les mouvements du cycliste. Le placer plus haut, sur un porte-bagages ou sur l’arrière du casque (en complément du feu réglementaire), améliore la visibilité pour les automobilistes qui suivent. De même, un feu avant monté trop haut et orienté vers le ciel éblouit sans vraiment éclairer la route. Le bon compromis consiste à viser une zone quelques mètres devant la roue avant.
Les cyclistes qui roulent souvent tôt le matin ou tard le soir ont intérêt à doubler leurs éclairages, au moins à l’avant. Un phare principal fixe et un petit éclairage de secours rangé dans une poche ou fixé au casque évitent la panne sèche au pire moment. À l’arrière, certains optent pour deux feux fixes à intensité moyenne plutôt qu’un seul feu surpuissant. En cas de dysfonctionnement ou de batterie vide sur l’un des deux, il reste toujours une source lumineuse fonctionnelle.
Pour les pratiquants réguliers du velotaf, l’éclairage ne doit pas se penser isolément. Un bon équipement hivernal, avec gants, surchaussures, vêtements techniques respirants et éléments réfléchissants, change radicalement le confort et la sécurité du trajet. Les conseils détaillés de cet article sur les équipements d’hiver pour le velotaf montrent bien comment tout s’imbrique : si le cycliste a froid, voit mal et se sent vulnérable, il prend de moins bonnes décisions en circulation.
Un point à ne pas négliger non plus : la compatibilité entre certains équipements électroniques et la nouvelle réglementation. Les radars arrière type Garmin Varia, par exemple, ajustent l’intensité voire le clignotement en fonction de l’approche d’un véhicule. Après les évolutions du code, les fabricants ont dû adapter leurs firmwares pour proposer un mode spécifique conforme, avec feu fixe et intensité variable plutôt que clignotante. Un simple passage par les menus de configuration ou une mise à jour logicielle permet de rester dans les clous tout en profitant de l’alerte radar.
Pour finir, quelques habitudes valent presque toutes les LEDs du monde. Signaler clairement ses changements de direction, se placer à une distance raisonnable du bord droit plutôt que collé à la bordure, éviter les zigzags entre les voitures, anticiper les feux et les stops : tout cela pèse largement dans la balance de la sécurité routière. Un vélo très bien éclairé mais piloté de façon imprévisible reste à risque, alors qu’un cycliste au comportement lisible aura souvent moins besoin de surenchère lumineuse pour rester en sécurité.
Feu clignotant interdit, toléré, utile ? Faire la synthèse pour choisir son équipement
Arrivé là, la question initiale « feu clignotant interdit à vélo : que dit vraiment la loi ? » se heurte volontairement à une autre : que veut dire « rouler proprement équipé » dans la vie réelle, de jour comme de nuit, en ville comme en montagne. Le code de la route impose un socle très clair pour tout cycliste qui circule la nuit ou par mauvaise visibilité : feu avant fixe non éblouissant, feu arrière rouge fixe, catadioptres et sonnette. Ignorer ce socle, c’est s’exposer à une amende de 11 €, mais surtout à des situations où l’on n’est pas vu à temps.
Autour de ce noyau dur, les feu clignotants, les clignotants de direction, les feux-stop additionnels et les bandes LED deviennent des options à manier avec doigté. Utilisés intelligemment, ils améliorent la visibilité sans transformer le cycliste en source de confusion. Employés à outrance, surtout avec des couleurs ou des motifs qui sortent complètement des codes de la signalisation, ils brouillent les signaux envoyés aux autres usagers et finissent par nuire à la sécurité routière.
La meilleure stratégie, plutôt que de s’accrocher à une lecture rigide des textes ou à la seule expérience personnelle, consiste à penser par contextes. En agglomération, trajet de velotaf quotidien, circulation dense, priorité au confort des yeux de tout le monde : feu fixe, intensité adaptée, vêtements réfléchissants discrets mais efficaces. En rase campagne, longues lignes droites, trafic motorisé rapide, ajouter un élément clignotant discret sur le casque ou la sacoche peut vraiment aider, tant que le feu de position réglementaire reste fixe sur le vélo.
Autre critère souvent oublié : la maintenance. Un feu dont la batterie lâche à mi-parcours, un contact qui se débranche à chaque nid-de-poule, un câble mal protégé contre l’humidité en hiver rendent toute discussion sur le mode clignotant un peu théorique. Prendre l’habitude de vérifier régulière l’état de ses lumières, de recharger avant les grosses sorties et de contrôler la fixation évite bien des mauvaises surprises. C’est d’ailleurs le même réflexe que l’on devrait avoir pour les freins, les pneus ou la transmission.
Pour ceux qui débutent ou qui se remettent au vélo après des années de pause, il reste une bonne nouvelle dans tout ce fatras réglementaire : il n’est pas nécessaire d’acheter le dernier phare connecté ou un radar dernier cri pour rouler en règle et en sécurité. Un ensemble simple, choisi avec soin, suffit largement : un bon feu avant fixe, un feu arrière rouge fixe visible à au moins 100 mètres, quelques éléments réfléchissants en mouvement et une conduite lisible. Le feu clignotant, finalement, n’est qu’un outil de plus dans la boîte, pas une baguette magique.
Un cycliste qui connaît ces quelques repères légaux, qui comprend ce que voient réellement les automobilistes derrière lui et qui adapte son éclairage à ses parcours principaux aura déjà fait 90 % du chemin. Le reste relève de préférences, d’expérimentations raisonnables et de discussions sans fin entre passionnés, parfois animées, autour d’un café ou au sommet d’un col. Ce qui n’est pas plus mal : parler d’éclairage, c’est aussi une façon de se rappeler qu’un vélo, ça se pilote, ça se règle, et ça se pense, beaucoup plus qu’on ne le croit au départ.
Le feu clignotant arrière est-il totalement interdit à vélo ?
Non, le feu clignotant n’est pas banni dans l’absolu, mais le code de la route impose qu’un vélo soit muni, la nuit ou par mauvaise visibilité, d’un feu de position arrière rouge fixe. Autrement dit, ton feu réglementaire doit rester fixe dans ces conditions. Un éclairage clignotant peut éventuellement s’ajouter en complément, par exemple sur un casque ou en usage diurne, mais il ne doit pas remplacer le feu de position obligatoire fixé au vélo.
Quelle amende risque un cycliste pour un feu non conforme ?
Un vélo dépourvu d’éclairage réglementaire ou équipé d’un feu de position arrière non conforme s’expose à une amende forfaitaire de 11 €. Le montant reste limité, mais l’enjeu principal concerne la sécurité : en cas d’accident, un éclairage non conforme peut aussi compliquer l’analyse des responsabilités.
Peut-on utiliser un feu clignotant en pleine journée ?
Les textes ciblent surtout la nuit et les situations de visibilité insuffisante. En pratique, beaucoup de cyclistes utilisent un feu clignotant arrière en plein jour pour renforcer leur visibilité, surtout sur route rapide. Tant que tu disposes d’un équipement conforme lorsque la visibilité baisse et que ton éclairage ne gêne pas les autres usagers, ce choix reste rarement contesté sur le terrain.
Les clignotants de direction sont-ils autorisés sur les vélos ?
Oui, le décret de 2024 encadre et autorise les clignotants de direction additionnels, qu’ils soient montés sur le vélo ou portés sur le cycliste (gilet, sac, casque). Ils viennent en plus des signaux manuels traditionnels. Ils ne doivent toutefois pas se substituer au feu de position arrière rouge fixe obligatoire.
Comment s’équiper simplement pour être en règle et visible ?
Pour rester simple : un feu avant fixe blanc ou jaune, non éblouissant, un feu arrière rouge fixe bien visible, des catadioptres (pédales, roues, arrière), et une sonnette. En complément, quelques éléments réfléchissants sur les jambes ou le sac, et éventuellement un petit feu additionnel sur le casque. Cet ensemble te place à la fois dans le cadre du code de la route et dans une logique de sécurité routière solide.



