Le col du Petit-Saint-Bernard fait partie de ces ascensions qui impressionnent par leur distance, mais rassurent par leur profil. Une trentaine de kilomètres de montée depuis Bourg-Saint-Maurice, un sommet à plus de 2 180 mètres d’altitude, une pente moyenne autour de 4,5 à 5 % et une route régulière qui permet de trouver son rythme. Ce col frontalier entre France et Italie attire autant les grimpeurs aguerris que les cyclistes en quête d’un premier « 2000 ». La clé n’est pas de savoir s’il est faisable, mais comment le gérer pour en profiter vraiment, sans exploser à 3 kilomètres de l’hospice ni bâcler le panorama sur le versant italien du Mont-Blanc.
Le terrain se prête bien à un effort contrôlé, presque scolaire, mais la réalité sur le vélo est un peu plus subtile : vent souvent présent sur les 8 derniers kilomètres, revêtement inégal, sections en plein soleil, longue traversée en corniche et surtout un mental à garder bien accroché. Plusieurs cyclistes gardent en mémoire une première expérience ici : premier « vrai » col, premier franchissement de frontière à vélo ou première journée en haute montagne avec sacoches. Certains trouvent la montée monotone, d’autres la décrivent comme une carte postale permanente. Tout dépend de la manière de l’aborder, du choix de l’itinéraire (route principale ou variante par Montvalezan) et de la gestion de l’effort. L’enjeu n’est pas seulement de gravir le col, mais de le faire avec un plan clair en tête.
En bref
- Profil du col du Petit-Saint-Bernard : autour de 30 km à 4,5–5 % de moyenne depuis Bourg-Saint-Maurice, sans rampe extrême, mais avec une montée continue qui use.
- Distance et dénivelé : environ 30 km et 1 350 m de positif depuis Bourg-Saint-Maurice, 27–28 km depuis Séez, 23 km pour le versant italien depuis Pré-Saint-Didier.
- Objectif idéal pour un premier col au-dessus de 2 000 m en cyclisme sur route, à condition de gérer l’allure et l’hydratation sur la longueur.
- Deux ambiances : partie forestière et en lacets jusqu’à La Rosière, puis grands alpages, vue sur la Tarentaise et ligne de crête exposée au vent jusqu’au sommet.
- Conseils clés : partir souple, choisir des braquets confortables, se protéger du soleil, prévoir un coupe-vent pour le sommet et anticiper la descente parfois fraîche et longue.
Profil et distance du col du Petit-Saint-Bernard à vélo : comprendre l’ascension avant de la tenter
Le col du Petit-Saint-Bernard n’est pas un mur, c’est un long faux-plat montant déguisé en col alpin. Depuis Bourg-Saint-Maurice, la trace classique affiche environ 30 km de montée pour un peu plus de 1 350 m de dénivelé positif, avec une pente moyenne qui tourne autour de 4,5 à 5 %. Sur le papier, rien d’effrayant. En pratique, passer plus d’1 h 30 à grimper sans répit peut surprendre ceux qui n’ont roulé que sur des bosses de 5 ou 6 km.
Les premiers kilomètres depuis Bourg-Saint-Maurice jusqu’à Séez servent surtout d’échauffement. La pente est encore douce, la circulation un peu plus dense, mais cela permet de mettre en route les jambes sans puiser dans les réserves. À partir de Séez, la vraie ascension commence : une série de lacets bien dessinés, sur une route large et globalement roulante. Les panneaux kilométriques indiquent tour à tour distance au sommet, altitude et pente du prochain kilomètre, souvent comprise entre 4 et 6 %. Ceux qui ont tendance à partir trop vite se font piéger ici.
Du point de vue du profil, la montée est étonnamment régulière jusqu’à La Rosière. Pas de mur à 10 %, pas de rupture de pente brutale. La difficulté se concentre surtout dans la durée. Cette constance permet de travailler une cadence fluide, de garder un braquet identique plusieurs kilomètres d’affilée et de se caler sur une allure au cardio plutôt qu’au ressenti ponctuel. Les cyclistes qui aiment « emmener du braquet » trouvent ici un terrain idéal pour se sentir forts sans être à la limite.
Une fois passée La Rosière, il reste environ 8 km jusqu’au col. La pente moyenne y est légèrement plus faible, souvent autour de 4 %, mais l’altitude se fait sentir, le vent de face n’est pas rare et la route devient plus rectiligne. Sur cette portion en balcon, on voit clairement l’ancien hospice et le replat du col en ligne de mire. Mentalement, cela peut aider ou casser les jambes, selon l’état de fatigue. Beaucoup de témoignages parlent de kilomètres « usants » ici, non pas à cause d’un fort pourcentage, mais parce que la ligne droite semble ne jamais finir.
En face, le versant italien depuis Pré-Saint-Didier affiche environ 23 km pour 1 180 m de dénivelé, avec une pente moyenne proche de 5,1 %. Le profil est un peu plus soutenu par moments, mais reste loin des rampes violentes des grands cols voisins. Un aller-retour Bourg-Saint-Maurice – Pré-Saint-Didier représente autour de 46 km de route en haute montagne et plus de 2 200 m de positif, idéal pour une grosse journée de cyclisme avec un vrai parfum de voyage.
Sur le long terme, ce col est souvent présenté comme l’un des plus accessibles au-dessus de 2 000 m en France. Plusieurs cyclistes l’ont d’ailleurs placé comme « premier 2000 » à leur palmarès, parfois avec des sacoches ou un vélo chargé à plus de 15 kg. Le profil tolérant, la possibilité de monter au train et l’absence de pourcentages extrêmes expliquent cette réputation. Mais la longueur reste non négociable et demande un minimum de préparation.
Pour résumer cette première approche, le Petit-Saint-Bernard est moins un test de pur grimpeur qu’un test de gestion de l’effort. Celui qui accepte de monter 25 à 30 km à rythme contrôlé, sans se laisser griser par la facilité apparente des premiers kilomètres, arrivera au sommet avec encore assez de jus pour profiter de la frontière, des crêpes et du panorama sur le versant italien du Mont-Blanc.

Itinéraires à vélo vers le col du Petit-Saint-Bernard : côté Bourg-Saint-Maurice, variantes et option italienne
Le tracé le plus connu pour gravir le col du Petit-Saint-Bernard à vélo part de Bourg-Saint-Maurice par la route principale. Pourtant, plusieurs variantes existent pour casser la monotonie, réduire un peu la circulation ou simplement pimenter la sortie. Une cycliste de la région n’a pas la même vision du col que quelqu’un qui vient pour un week-end et se contente de la nationale. Il vaut donc la peine de comparer les options avant de se lancer.
Montée classique depuis Bourg-Saint-Maurice par Séez et La Rosière
Sur l’itinéraire standard, le départ se fait à la sortie de Bourg-Saint-Maurice en direction de Séez. Après quelques kilomètres quasi plats, la route s’élève franchement au-dessus du village par une série de virages en forêt. Jusqu’à La Rosière, on enchaîne les épingles dans un décor boisé, puis de plus en plus ouvert sur la vallée de la Tarentaise. Le pourcentage reste dans une fourchette confortable, sans pic soudain. Beaucoup de cyclos indiquent y tenir une vitesse de 11 à 13 km/h en endurance, 16 à 22 km/h pour les plus costauds.
La station de La Rosière marque un vrai palier. Certains posent pied ici, prennent un café, remplissent les bidons et repartent pour la dernière portion. D’autres, moins scrupuleux sur la « pureté » de l’ascension, se contentent parfois de ces 8 derniers kilomètres en partant de la station. Sur le plan sportif, ce n’est pas la même histoire que les 30 km depuis Bourg, mais chacun son défi. Quoi qu’il en soit, à partir de La Rosière, la route ondule à flanc de montagne, en corniche, avec la vallée en contrebas et les alpages tout autour.
Sur cette traversée, la sensation de haute montagne se renforce : murs de neige en début de saison, lumière crue sur les crêtes, présence parfois envahissante des lignes électriques, mais aussi vue dégagée sur les sommets de la Vanoise et sur Les Arcs. En fin de montée, le gros bâtiment de l’ancien hospice frontalier sert de repère. Une ou deux courbes plus tard, la route s’aplanit enfin jusqu’au col à 2 188 m d’altitude, avec le panneau France/Italie et souvent pas mal d’animation l’été.
Variante par Montvalezan et la « route rose »
Pour ceux qui veulent une montée plus corsée, une variante suit les traces d’une étape du Tour de France passée par là. Après Séez, une route quitte l’axe principal vers Montvalezan, puis grimpe sèchement en direction de Hauteville et de la fameuse « route rose » peinte pour la station de La Rosière. Là, les pourcentages se raidissent nettement pendant plusieurs kilomètres. Les hameaux se succèdent, la route est plus étroite, plus intimiste, et le décor de carte postale se mérite un peu plus.
Une fois raccordé à la route principale au-dessus de La Rosière, on retrouve le profil plus doux de la montée classique. Cette variante est parfaite pour les cyclistes déjà à l’aise avec des pentes à 8–10 % et qui cherchent à rendre le Petit-Saint-Bernard un peu plus « piquant ». Elle est aussi intéressante pour éviter une partie de la circulation de la nationale, surtout les jours de forte affluence touristique.
Côté italien : un aller-retour pour une vraie journée de montagne
Depuis Pré-Saint-Didier, sur le versant italien, la montée au col du Petit-Saint-Bernard affiche environ 23 km pour 1 179 m de positif, à une pente moyenne un peu au-dessus de 5 %. Le profil reste là encore progressif, mais avec quelques kilomètres plus soutenus. En échange, la récompense visuelle est énorme : le versant italien du Mont-Blanc, la vue sur le Val d’Aoste et une ambiance différente, plus sauvage par endroits, plus habitée aussi.
Un scénario fréquent consiste à enchaîner Bourg-Saint-Maurice – col – Pré-Saint-Didier – col – retour Bourg. Au compteur, on dépasse assez largement les 2 200 m de dénivelé pour environ 90 km, ce qui représente une très belle journée de cyclisme alpin. Cette boucle convient aux cyclistes déjà habitués aux longues sorties, mais elle reste plus accessible qu’un enchaînement Galibier + Izoard par exemple, grâce au profil tolérant du Petit-Saint-Bernard.
Comparatif rapide des principaux itinéraires
| Itinéraire | Distance de montée | Dénivelé positif | Pente moyenne | Caractère |
|---|---|---|---|---|
| Bourg-Saint-Maurice → col (route principale) | ≈ 30 km | ≈ 1 350 m | 4,5–5 % | Très roulant, régulier, idéal premier 2000 |
| Séez → col | ≈ 27–28 km | ≈ 1 300 m | Autour de 5 % | Montée directe, bornes jusqu’à La Rosière |
| Variante par Montvalezan | ≈ 28–29 km | ≈ 1 350 m | Plus irrégulier | Passages raides, ambiance de hameaux |
| Pré-Saint-Didier (Italie) → col | ≈ 23 km | ≈ 1 179 m | ≈ 5,1 % | Légèrement plus dur, vues sur le Val d’Aoste |
En résumé, côté français, le Petit-Saint-Bernard se laisse adapter à ton niveau grâce à ces variantes. Côté italien, il offre l’occasion d’un vrai voyage à vélo, avec un changement de langue, de culture et de paysages en un seul col. Ceux qui goûtent une fois à ce genre de parcours transfrontalier ont souvent envie d’y revenir.
Gérer sa montée du Petit-Saint-Bernard : rythme, braquets et météo en haute altitude
Le col du Petit-Saint-Bernard récompense la patience plus que le coup de rein. Plusieurs témoignages convergent : ce n’est « jamais dur », mais « très long », « usant » et souvent plus exigeant mentalement que physiquement. La bonne stratégie consiste à accepter ce tempo de métronome sur 25 à 30 km, sans chercher à se prouver quelque chose dans les 5 premiers kilomètres.
Choisir le bon braquet et trouver son rythme
Avec une pente moyenne entre 4 et 6 %, beaucoup de cyclistes montent sur des développements du type 34×21, 34×23 ou 39×25, parfois même avec du grand plateau sur les kilomètres les plus faciles. Ce n’est pourtant pas une raison pour sous-estimer l’effort. Pour une première ascension en montagne, un compact (50–34) avec une cassette 11–30 ou 11–32 reste un choix rassurant, qui permet de tourner les jambes autour de 80–90 tr/min sans se mettre dans le rouge.
L’objectif n’est pas de battre un record local, mais de conserver un pédalage fluide du bas jusqu’au col. La présence de bornes kilométriques jusqu’à La Rosière aide à se structurer : on peut viser une vitesse cible ou un temps par borne, sans se laisser emporter. Plusieurs cyclos expliquent avoir tenu la même allure jusqu’à la station, puis avoir allongé légèrement dans les 8 derniers kilomètres en fonction des sensations.
Vent, température et gestion de l’altitude
Le Petit-Saint-Bernard affiche un sommet autour de 2 188 m. Ce n’est pas l’Himalaya, mais l’écart de température entre Bourg-Saint-Maurice et le col peut atteindre 15 à 20 °C, même en plein été. Des montées réalisées par 30 °C en bas et 10 °C au sommet ne sont pas rares, parfois avec des murs de neige de 2 à 3 m au bord de la route juste après l’ouverture saisonnière.
Le vent joue aussi un rôle. Les 8 derniers kilomètres après La Rosière sont souvent cités comme ventés, souvent de face. Une pente modérée avec vent dans le nez peut paraître plus dure qu’un 7 % abrité. Mieux vaut donc garder une marge d’allure avant la station, pour pouvoir encaisser cette portion sans se griller. Un coupe-vent ou une veste légère dans la poche est quasi obligatoire, non seulement pour le sommet, mais surtout pour la descente, qui peut devenir glaciale en cas de pluie ou de brouillard.
Hydratation, ravitaillement et gestion de la fatigue
Sur une montée de 30 km, la déshydratation et la fringale guettent ceux qui ont l’habitude de s’en sortir sans manger sur les bosses habituelles. Entre Bourg et le sommet, on passe facilement 1 h 45 à 2 h 30 à grimper, parfois davantage en mode rando. La règle simple consiste à boire régulièrement dès le bas, sans attendre d’avoir soif, et à avaler quelque chose toutes les 30 à 40 minutes.
La Rosière constitue un point de ravitaillement naturel : fontaines, commerces, cafés. Certains cyclistes choisissent de marquer une courte pause ici, de remplir les bidons et de manger rapidement avant de reprendre. D’autres préfèrent ne pas se couper dans l’effort et gèrent tout en roulant. Dans les deux cas, mieux vaut arriver à la station en ayant encore des réserves plutôt qu’avec des jambes vides.
- Avant la montée : un vrai petit-déjeuner ou repas, pas seulement un café.
- Pendant : 500 à 750 ml de boisson par heure, plus 1 barre ou un gel toutes les 30–40 minutes.
- Après : quelque chose de salé au sommet ou à Bourg pour recharger en sels minéraux.
Un détail souvent négligé concerne la lassitude. Plusieurs cyclistes disent s’être ennuyés sur ce col, surtout dans les 15 premiers kilomètres en forêt. Pour contrer cela, certains se fixent des mini-objectifs visuels (prochain lacet, prochain hameau, prochain panneau), d’autres montent en groupe et se relaient dans le vent comme un petit train. L’idée est de garder l’esprit engagé pour ne pas transformer l’ascension en simple corvée.
Au final, la gestion de la montée du Petit-Saint-Bernard repose sur un triptyque simple : braquet réaliste, hydratation régulière et anticipation du vent et du froid en altitude. Celui qui coche ces trois cases se donne une vraie chance d’arriver au sommet en ayant plus envie de lever les bras que de s’affaler sur le premier muret venu.
Matériel, sécurité et descente : préparer son vélo pour le Petit-Saint-Bernard
Le Petit-Saint-Bernard n’exige pas un vélo dernier cri en carbone, mais il ne pardonne pas un matériel mal entretenu. Sur une montée longue et une descente tout aussi étirée, un simple réglage approximatif de frein ou un pneu fatigué peuvent transformer une belle journée en galère. Les retours d’expérience sont clairs : mieux vaut prendre 20 minutes la veille pour vérifier sa machine que 2 heures au bord de la route à réparer.
Transmission, freins et choix des braquets
Sur ce type de col, une transmission fiable vaut plus qu’une transmission exotique. Une majorité de cyclos roulent avec des groupes compacts ou semi-compacts et des cassettes généreuses, souvent en Shimano pour la robustesse et la facilité de réglage. Le but n’est pas de rouler « beau », mais de pouvoir tourner les jambes sans forcer chaque coup de pédale. Une cassette qui monte à 30 ou 32 dents offre une marge confortable, surtout si l’on enchaîne avec un autre col comme le Cormet de Roselend.
Les freins méritent aussi une attention particulière. Sur une descente longue, parfois fraîche et ponctuée de gravillons, des patins usés ou des disques mal purgés peuvent vite devenir dangereux. Avant de partir, un test simple devant le logement ou le camping permet de s’assurer que le vélo s’arrête net sans bruit suspect. Ce contrôle paraît basique, mais plusieurs témoignages évoquent des descentes « pourries » par un mauvais revêtement ou des joints de bitume piégeux.
Pneus, pression et confort sur la route
Le revêtement du Petit-Saint-Bernard change selon les tronçons. Globalement, la route est large et en état correct, mais certaines sections présentent des fissures, des raccords ou des gravillons, surtout après l’hiver. En pratique, des pneus de 25 ou 28 mm légèrement sous-gonflés par rapport aux valeurs maximales apportent un confort net et une meilleure adhérence. Ceux qui roulent encore en 23 mm gonflés à bloc ne gagnent rien ici, si ce n’est des mains engourdies et une moins bonne tenue sur l’humide.
Le confort ne se limite pas aux pneus. Une selle correctement réglée, des gants rembourrés, un maillot avec des poches suffisantes pour transporter coupe-vent, ravito et éventuellement un mini-kit de réparation évitent bien des soucis. Sur une montée où l’on passe plus de deux heures sur le vélo, les petits détails de position ou d’appui prennent soudain beaucoup de place.
Sécurité : trafic, météo et gestion de la descente
Le trafic sur le Petit-Saint-Bernard varie beaucoup selon les périodes. En dehors des grands chassés-croisés estivaux, plusieurs cyclos rapportent une route plutôt calme, avec quelques camping-cars et motos, sans plus. Mais certains jours de juillet ou d’août, la fréquentation peut grimper, surtout autour de La Rosière. La largeur de la chaussée reste un atout pour la cohabitation, mais une vigilance constante s’impose, en particulier dans les courbes serrées où les motards aiment élargir la trajectoire.
La descente mérite un vrai plan. Elle n’est pas très technique, avec relativement peu d’épingles enchaînées, mais la pente modérée oblige à relancer souvent si on veut garder de la vitesse. Plusieurs témoignages parlent d’une descente « longue », voire « un peu ennuyeuse », où l’on se retrouve à pédaler fréquemment. En cas de pluie ou de brouillard, la prudence doit prendre le dessus : freinages anticipés, trajectoires propres, pas de prise de risques inutile pour gagner 30 secondes.
Un point souvent négligé concerne la gestion du froid à la descente. Les cyclistes qui sont montés en maillot court par 25 °C se retrouvent parfois à grelotter dès les premiers kilomètres de retour, surtout si la route est encore bordée de neige. Un coupe-vent, voire des manchettes, se justifient largement, même en plein été. Un corps crispé par le froid freine mal, réagit lentement et se fatigue vite. Inutile de subir cela pour avoir économisé 80 grammes dans les poches.
En synthèse, un vélo bien réglé, des freins contrôlés, des pneus adaptés et un minimum de prudence dans la descente transforment le Petit-Saint-Bernard en vrai plaisir plutôt qu’en exercice de survie. Sur ce col, ce n’est pas le matériel qui fait la performance, mais un matériel fiable contribue largement au plaisir et à la sécurité du jour.
Conseils pratiques et scénarios de sortie : faire du Petit-Saint-Bernard un vrai projet vélo
Le col du Petit-Saint-Bernard peut être abordé de multiples façons : première ascension en montagne, maillon d’un gros enchaînement, étape d’un voyage itinérant vers l’Italie, ou simple sortie à la journée pendant des vacances en Tarentaise. Pour donner un peu de concret, prenons le cas de Claire, cycliste régulière sur voies vertes et bosses de moyenne montagne, qui vise son premier col au-dessus de 2 000 m. Son objectif n’est pas de faire un temps, mais de boucler la montée sans poser pied et sans finir rincée.
Pour Claire, la préparation se joue en amont. Quelques semaines avant son séjour, elle intègre à ses sorties des rampes de 20 à 30 minutes à allure constante, puis rallonge progressivement jusqu’à 45 minutes. L’idée est d’habituer le corps à un effort continu sans pause. Elle vérifie aussi son développement, choisit une cassette 11–32 et fait réviser ses freins. Sur le plan logistique, elle repère les points d’eau et de ravito à Séez et à La Rosière, pour ne pas stresser le jour J.
Le matin du départ, la stratégie est simple : partir de Bourg-Saint-Maurice en mode très tranquille, ne pas dépasser une intensité où la conversation reste possible et se fixer comme premiers objectifs Séez, puis La Rosière. Une fois à la station, elle se permet une courte pause, remplit les bidons, mange une barre et repart sans laisser le corps se refroidir. Les 8 derniers kilomètres sont gérés au moral plutôt qu’au chrono, avec, en ligne de mire, la frontière et le panneau du col. Ce type de plan, raisonnable et structuré, rend l’ascension accessible à beaucoup plus de cyclistes qu’on ne le croit.
Pour un public plus aguerri, le Petit-Saint-Bernard peut devenir la première marche d’un enchaînement. Certains combinent par exemple Petit-Saint-Bernard + Cormet de Roselend dans la même journée, ou Petit-Saint-Bernard côté français, descente sur La Thuile, détour par le col San Carlo, puis retour par le Petit-Saint-Bernard. Dans ce cas, la régularité du profil devient un atout : on « passe » le col au train, sans puiser, pour garder des cartouches pour ce qui suit.
Enfin, le col se prête très bien au voyage à vélo. Plusieurs randonneurs chargés de 10 à 15 kg de bagages l’ont franchi, parfois en début ou en fin de grande traversée. Le côté roulant et la circulation souvent modérée en font un passage intéressant entre France et Italie pour ceux qui voyagent à la force des mollets. Certains décrivent un sommet bordé de murs de neige de 3 m début juin, avec une température douce et un ciel bleu, scène qui reste souvent comme l’une des images marquantes de leur parcours.
Qu’on vienne pour un défi perso, pour « cocher » un 2000 ou pour traverser les Alpes, le même constat revient : le Petit-Saint-Bernard n’est pas là pour broyer les jambes, mais pour vérifier si l’on sait gérer une montée longue. Et, une fois cela compris, il devient un terrain de jeu extrêmement agréable pour tout cycliste un peu curieux.
Quelle est la distance exacte de la montée du col du Petit-Saint-Bernard à vélo depuis Bourg-Saint-Maurice ?
Depuis Bourg-Saint-Maurice, la montée jusqu’au col du Petit-Saint-Bernard représente environ 30 km d’ascension pour un peu plus de 1 350 m de dénivelé positif. En partant de Séez, la distance grimpe se situe plutôt autour de 27 à 28 km, car on évite la partie la plus roulante du bas de vallée.
Le col du Petit-Saint-Bernard est-il adapté comme premier col au-dessus de 2 000 m ?
Oui, c’est même l’un des cols de plus de 2 000 m les plus accessibles. La pente moyenne tourne autour de 4,5 à 5 %, sans passage extrême, et la route est régulière. La seule vraie difficulté vient de la longueur de la montée, autour de 30 km, qui nécessite une bonne gestion de l’effort et de l’hydratation.
Quels braquets utiliser pour gravir le Petit-Saint-Bernard à vélo ?
Pour un cycliste amateur, un pédalier compact (50–34) associé à une cassette 11–30 ou 11–32 convient très bien. Cela permet de garder une cadence confortable entre 80 et 90 tours par minute sur des pentes à 4–6 %. Les cyclistes plus puissants peuvent se contenter d’un 34×25, mais il reste préférable d’avoir une marge plutôt que de se retrouver à tourner les jambes en force.
À quelle période de l’année peut-on monter le col du Petit-Saint-Bernard à vélo ?
Le col ouvre en général entre fin mai et début juin, en fonction de l’enneigement, et reste praticable jusqu’à l’automne, souvent vers octobre. Début de saison, on peut encore croiser des murs de neige au sommet et des températures fraîches. En plein été, la montée peut être très ensoleillée et chaude dans la partie basse, avec un contraste marqué au sommet.
Le versant italien du col est-il plus difficile que le versant français ?
Depuis Pré-Saint-Didier, côté italien, la montée fait environ 23 km pour 1 179 m de dénivelé, avec une pente moyenne d’un peu plus de 5 %. Le profil est légèrement plus soutenu par endroits que côté Bourg-Saint-Maurice, mais reste loin des grands murs alpins. Pour un cycliste entraîné, l’aller-retour entre les deux versants constitue surtout une belle journée montagne plutôt qu’un calvaire.



