Paris-Roubaix 2026 arrive avec un parfum de rendez-vous historique. Entre un parcours encore durci, la présence simultanée des stars mondiales du cyclisme et un plateau d’outsiders affûtés, tout pointe vers une édition qui risque de bousculer les repères. L’Enfer du Nord reste fidèle à sa réputation, avec ses pavés inégaux, ses ornières, ses bordures pleines de poussière ou de boue, et cette ligne d’arrivée unique sur le vélodrome de Roubaix. Au milieu de ce décor brut, quelques coureurs concentrent l’attention : Tadej Pogacar, en quête du dernier Monument qui manque à son palmarès, et Mathieu van der Poel, déjà triple vainqueur et à une marche d’un record mythique. Autour d’eux gravitent Wout Van Aert, Mads Pedersen, Filippo Ganna, Stefan Bissegger et tout un bataillon de spécialistes qui savent qu’ici, une chute ou une crevaison peut tout renverser. Le décor est posé : une course où la tactique se mélange à la survie mécanique, où le moindre choix de matériel peut peser presque autant que les jambes.
Pour lire cette édition, il faut garder trois fils en tête. D’abord, la pression de l’histoire, avec la perspective de voir un coureur rejoindre le club rarissime des vainqueurs de tous les Monuments, ou de co-détenir le record de victoires sur Roubaix. Ensuite, la dimension stratégique d’un parcours de 258,3 km, comprenant 30 secteurs pavés et près de 55 km de pierres qui secouent les corps et les vélos. Enfin, l’évolution du matériel et des choix techniques, devenue presque une discipline à part entière sur cette course. Entre roues larges, pressions de pneus millimétrées et montages hybrides route/gravel, les équipes tentent de dompter l’Enfer du Nord sans y laisser leurs ambitions. Roubaix reste ce mélange très particulier de brutalité et de finesse, d’instinct et de calcul. C’est ce cocktail qui en fait, depuis plus d’un siècle, la plus célèbre des classiques pavées.
- Course de 258,3 km avec 30 secteurs pavés et 54,8 km de pavés au total.
- Duel annoncé entre Mathieu van der Poel et Tadej Pogacar, avec Wout Van Aert en troisième homme.
- Enjeu historique pour Pogacar, qui peut compléter son palmarès sur les cinq Monuments.
- Possibilité de quatrième succès pour van der Poel, pour rejoindre De Vlaeminck et Boonen au sommet de l’histoire de Paris-Roubaix.
- Rôle capital des choix de matériel, notamment des pneus, des roues et de la pression.
Paris-Roubaix 2026 : un parcours taillé pour les costauds et les têtes brûlées
Le parcours de Paris-Roubaix 2026 reste fidèle à l’ADN de la course, tout en accentuant légèrement la densité des difficultés dans la deuxième moitié. Sur les 258,3 km, les coureurs devront affronter 30 secteurs pavés pour un total de 54,8 km de cailloux. Le premier secteur, entre Troisvilles et Inchy, intervient déjà après à peine plus de 96 km, ce qui laisse un long faux-plat avant la vraie bataille. Cette période initiale sert de filtre : casse-pattes, vent possible, placement, premières chutes. Ceux qui gaspillent de l’énergie ici le paieront cash dans la dernière heure.
Le triptyque classique reste le squelette de l’épreuve : Trouée d’Arenberg, Mons-en-Pévèle et Carrefour de l’Arbre. Ces trois secteurs structurent la lecture de la journée. La Trouée, avec son entrée dans les bois et ses pavés disjoints, ressemble toujours à un champ de bataille. Mons-en-Pévèle, plus long, impose une usure progressive, notamment s’il y a du vent de côté. Le Carrefour de l’Arbre, à une quinzaine de kilomètres de l’arrivée, devient souvent le juge de paix : ceux qui basculent devant ici jouent la gagne sur le vélodrome.
L’édition 2026 accentue l’exposition aux bordures entre les secteurs, avec plusieurs longues lignes droites sur routes ouvertes au vent. Les équipes devront donc choisir entre protéger leur leader à tout prix ou sacrifier quelques équipiers pour dynamiter la course avant même les gros pavés. Un collectif comme Red Bull-BORA-hansgrohe, plutôt dense, pourrait y trouver un terrain favorable, à l’inverse de formations très centrées sur un seul leader.
Pour suivre les moments clés, un tableau permet de visualiser les points névralgiques de l’Enfer du Nord :
| Secteur / Lieu | Km approx. | Rôle dans la course |
|---|---|---|
| Troisvilles – Inchy | 96,3 km | Premier pavé, tension maximale, premières cassures |
| Trouée d’Arenberg | Environ 160 km | Gros filtre, incidents mécaniques fréquents, course souvent éclatée |
| Mons-en-Pévèle | Autour de 210 km | Usure, attaques des favoris, sélection par l’arrière |
| Carrefour de l’Arbre | ± 243 km | Dernière rampe de lancement pour les mouvements décisifs |
| Entrée sur le vélodrome | 258,3 km | Sprinte réduit ou solo victorieux, gestion de la trajectoire |
Un élément souvent sous-estimé reste la transition pavé/route. Les changements de surface mal anticipés provoquent des crevaisons ou des pertes de contrôle au moment où le peloton se replace. C’est là que l’expérience compte : des coureurs comme Van Baarle, Stuyven ou Laporte savent exactement où se placer pour limiter les risques sans gaspiller leurs cartouches.
Autre point clé, les conditions météo. Un Roubaix sec produit de longues nuées de poussière qui compliquent la respiration et la visibilité. Sous la pluie, les pavés se transforment en savon et les trajectoires deviennent presque aussi importantes que la puissance. Les favoris doivent donc prévoir plusieurs scénarios, du parcours rapide à la galère collante où chaque secteur semble deux fois plus long.
Cette architecture de course crée une hiérarchie naturelle : les rouleurs puissants et endurants sont avantagés par rapport aux puncheurs explosifs. C’est aussi pour cela que certains leaders brillent sur le Tour des Flandres mais peinent à peser sur Paris-Roubaix, malgré un niveau comparable.

Une Reine des Classiques où la tactique rencontre la survie
Sur cette édition, chaque équipe arrive avec un plan A, mais aussi un plan B et parfois un plan C. Imaginons le scénario d’une formation qui mise sur un leader unique, comme une équipe construite autour de Pogacar. L’objectif sera de garder un groupe restreint d’équipiers solides jusqu’à Mons-en-Pévèle, en contrôlant le rythme, en minimisant les risques de bordures et en gérant les crevaisons. Si tout se passe bien, le Slovène pourra attaquer sur un secteur clé ou sur la portion de route qui suit.
À l’inverse, une équipe plus dense, du style Red Bull-BORA-hansgrohe, peut décider de saturer la course de mouvements avant même Arenberg. Multiplication des attaques, présence dans tous les coups, usure des sprinteurs comme Philipsen ou Meeus, et mise sous pression des formations rivales qui doivent choisir quelles offensives chasser. Ce type de tactique ne fonctionne pas à tous les coups, mais quand le vent et la nervosité s’en mêlent, il suffit d’un moment de flottement pour créer une cassure irréversible.
Au bout du compte, cette configuration fait de Paris-Roubaix un vrai laboratoire de stratégie, où les directeurs sportifs jonglent en permanence avec les infos de la radio, les chutes, les crevaisons et l’état de leurs leaders. L’Enfer du Nord récompense ceux qui acceptent une part de chaos tout en gardant un fil conducteur clair.
Favoris de Paris-Roubaix 2026 : duel Pogacar – van der Poel et prétendants en embuscade
La liste des favoris pour cette édition ressemble à un casting de film. Tout tourne d’abord autour du face-à-face annoncé entre Tadej Pogacar et Mathieu van der Poel. Le Slovène arrive avec un objectif limpide : ajouter Paris-Roubaix à son palmarès déjà rempli de Monuments. Milan-San Remo, Tour des Flandres, Liège-Bastogne-Liège, Tour de Lombardie, tout y est déjà. Réussir à gagner à Roubaix le ferait entrer dans un cercle ultra-restreint aux côtés de Rik Van Looy, Eddy Merckx et Roger De Vlaeminck. Peu de coureurs portent une telle charge symbolique sur une seule journée.
Sa deuxième place en 2025, après une chute dans un virage alors qu’il était au coude à coude avec van der Poel, ajoute une dimension de revanche. Ce type d’échec laisse rarement indifférent. Sa formation l’entoure d’ailleurs d’une garde spécialisée avec des noms comme Nils Politt, déjà 2e en 2019 et 4e en 2024, et Florian Vermeersch, deux fois dans le top 5 ces dernières années. Ils connaissent chaque trou, chaque raccord de bitume, ce qui peut faire la différence au moment de filtrer les attaques.
En face, van der Poel reste le roi sortant de l’Enfer du Nord, triple vainqueur consécutif entre 2023 et 2025. Son contrôle du vélo sur les pavés, sa capacité à relancer en sortie de virage et son sens de la course en font le candidat naturel à une quatrième victoire. Avec un tel succès, il rejoindrait Roger De Vlaeminck et Tom Boonen au rang de recordmen de Paris-Roubaix. Vu son état de forme sur le reste de la campagne flandrienne, l’idée d’un nouveau numéro en solitaire n’a rien d’absurde.
Reste une question tactique : doit-il jouer la carte Jasper Philipsen, double deuxième en 2023 et 2024, comme solution au sprint si un petit groupe atteint Roubaix ensemble ? L’équipe Alpecin-Premier Tech a perdu quelques éléments de soutien, notamment Gianni Vermeersch, ce qui complique la gestion de la course. Miser sur deux leaders dans un environnement aussi aléatoire peut parfois se retourner contre l’équipe si les rôles ne sont pas clairs.
Derrière ce duo, Wout Van Aert apparaît comme le troisième homme de la hiérarchie. Le Belge de Visma | Lease a Bike n’a jamais caché son affection pour Paris-Roubaix, qui colle parfaitement à son profil de rouleur puissant. Ses podiums passés (2e en 2022, 3e en 2023) montrent qu’il sait répondre présent, malgré des années marquées par la malchance. Avec des coéquipiers comme Christophe Laporte ou Per Strand Hagenes, il possède un train capable de verrouiller ou de dynamiter la course suivant la situation.
Le cas de Mads Pedersen mérite aussi attention. Le Danois sort d’un début de saison perturbé par une chute au Tour de Valence, mais il collectionne les podiums à Roubaix : 3e en 2024 et 2025, 4e en 2023. Son sprint après 250 km de course tient presque de l’anomalie. Même à 95 % de sa meilleure forme, il reste un candidat très sérieux s’il bascule dans le groupe de tête à proximité du Carrefour de l’Arbre.
En parallèle, des outsiders de luxe comme Filippo Ganna viennent brouiller les cartes. L’Italien a fait l’impasse sur le Tour des Flandres pour préparer Paris-Roubaix dans les moindres détails, avec l’idée de profiter de la surveillance mutuelle entre Pogacar, van der Poel et Van Aert. Capable d’un effort solitaire de 30 ou 40 minutes, il a le profil parfait pour un raid lancé après Mons-en-Pévèle si les favoris se regardent.
À cette liste s’ajoutent Stefan Bissegger, machine à rouler de la Decathlon CMA CGM, Jonas Abrahamsen pour Uno-X Mobility, et le bloc collectif de Red Bull-BORA-hansgrohe avec Gianni Vermeersch, Laurence Pithie et Jordi Meeus. Tous savent qu’ils n’auront pas beaucoup d’occasions dans la saison d’affronter les cadors sur un terrain aussi spécifique, ce qui les pousse souvent à prendre des risques calculés.
Au final, l’impression générale se dégage assez nettement : Paris-Roubaix 2026 se joue d’abord entre deux géants, avec un troisième couteau prêt à tout pour briser le scénario écrit. Mais sur ces pavés, ceux qui partent battus ont déjà perdu. Ceux qui osent anticiper, eux, ont parfois la surprise de se retrouver en tête au bon moment.
Les pavés de l’Enfer du Nord : terrain de jeu, piège mécanique et laboratoire matériel
Les pavés de Paris-Roubaix font basculer la course dans une autre dimension. Sur le papier, 54,8 km de pavés sur 258,3 km peuvent sembler gérables. Dans la réalité, chaque secteur enchaîne vibrations, chocs, changements de trajectoire et risques de chute. Pour comprendre pourquoi cette course fascine autant, il suffit d’imaginer un coureur comme un cycliste amateur sur une sortie gravel un peu engagée, mais poussé 50 km/h plus vite et entouré de 180 concurrents.
La gestion du matériel devient ici aussi stratégique que les jambes. Les pneus jouent un rôle central. Beaucoup d’équipes optent pour des sections de 30 à 32 mm, tubeless, avec des pressions plus basses que sur route classique pour gagner en confort et en grip. Ceux qui roulent encore sur 28 mm gonflés à bloc prennent un risque énorme. Pour les passionnés qui préparent une sortie sur pavés ou chemins blancs, s’inspirer de ces choix a du sens. Un tour d’horizon des sections et carcasses adaptées se trouve par exemple dans ce guide détaillé des pneus de vélo de route, utile aussi pour les sorties mixtes route/gravel.
Les cadres et les roues ne sont pas en reste. Les vélos de Paris-Roubaix ressemblent souvent à des route/gravel hybrides : bases légèrement plus longues pour gagner en stabilité, passages de pneus élargis, parfois des tiges de selle à flexion contrôlée. Certains misent encore sur des inserts amortisseurs, d’autres préfèrent une approche plus simple pour limiter les risques de panne. L’erreur classique consiste à tout rigidifier en pensant gagner en rendement, alors qu’un vélo un peu filtrant laisse le coureur plus lucide dans le final.
Les roues suivent la même logique. Profils intermédiaires, entre 30 et 40 mm, pour éviter de trop subir le vent latéral. Jantes robustes, parfois un peu plus lourdes, mais capables d’encaisser les impacts répétés. Dans les faits, un montage légèrement plus lourd mais fiable coûte moins de watts que deux changements de roue en course. C’est d’ailleurs un enseignement transposable à la pratique amateur : mieux vaut un ensemble roue/pneu solide qu’un combo ultra-léger qui vous laisse au bord de la route à la première pierre pointue.
Au niveau du poste de pilotage, les coureurs cherchent un compromis entre rigidité pour le contrôle et souplesse pour le confort. Ruban de cintre doublé, gants légèrement plus rembourrés, positions travaillées pour garder du contrôle dans les descentes de secteurs pavés. Les amateurs qui roulent souvent sur routes dégradées gagneraient à s’inspirer de ces réglages plutôt que de copier des positions hyper agressives vues sur des coureurs de montagne.
Le fil rouge de tout cela tient en une idée simple : Paris-Roubaix n’est pas seulement une course de muscles, c’est aussi un test grandeur nature pour le matériel et pour les choix techniques. Ceux qui ignorent cet aspect ou se contentent d’un montage de course classique se retrouvent souvent hors du coup, même avec de bonnes jambes.
Gestion des crevaisons, voiture suiveuse et marge de sécurité
Sur l’Enfer du Nord, la probabilité de crever tend vers l’inévitable. La question n’est pas « si », mais « quand » et « combien de fois ». Les équipes s’organisent donc pour réduire au maximum le temps perdu lors des incidents. Deux approches coexistent : multiplier les voitures et les motos d’assistance avec des roues, ou placer des mécanos fixes sur certains points du parcours avec des roues ou des vélos complets. Les premières équipes du classement UCI bénéficient d’un meilleur placement dans la caravane, ce qui influence directement leur capacité à sauver les meubles quand la poisse frappe.
Pour les cyclistes amateurs qui projettent de rouler sur les secteurs pavés ouverts au public, la logique reste la même, à une autre échelle. Un bon montage tubeless avec liquide préventif, une pompe fiable, éventuellement une chambre de secours et un multi-outil peuvent éviter la galère à 40 km de la voiture. C’est moins glamour que de rêver à un vélo carbone de pro, mais sur les pavés, ce sont ces détails qui font la différence entre une sortie épique et une journée gâchée.
À force de voir les coureurs secoués par les pavés à la télé, on pourrait croire que tout se joue dans la brutalité. Dans la réalité, ceux qui brillent le plus à Roubaix sont souvent ceux qui chouchoutent leur matériel en amont. Le vélo ne doit pas être une contrainte, mais un allié. C’est valable pour un Pogacar comme pour un cycliste de club qui prépare son premier Paris-Roubaix Challenge.
Histoire de l’Enfer du Nord : des légendes de Roubaix aux enjeux de 2026
L’histoire de Paris-Roubaix pèse sur chaque édition. Quand les coureurs traversent la Trouée d’Arenberg ou entrent sur le vélodrome, ils roulent sur les traces d’une lignée qui remonte à plus d’un siècle. La course a vu des vainqueurs aussi variés que Fabian Cancellara, Peter Sagan, Greg Van Avermaet ou Niki Terpstra ces dernières années. Chacun a écrit à sa manière un chapitre de cette saga de poussière et de boue. En 2021, la victoire de Sonny Colbrelli sous la pluie battante a marqué les esprits par ce mélange d’audace tactique et de résistance physique sur un Roubaix apocalyptique.
Les éditions 2019 à 2025 ont préparé le terrain pour le duel actuel. Philippe Gilbert en 2019 et Dylan Van Baarle en 2022 ont montré que des coureurs issus de profils assez différents pouvaient s’imposer, à condition de jouer juste. Puis est arrivée l’ère van der Poel : 2023, 2024, 2025, trois succès consécutifs qui ont repositionné le Néerlandais comme le spécialiste moderne numéro un des pavés. Face à lui, Van Aert a souvent été victime du fameux mélange malchance/incidents, malgré une régularité impressionnante.
Ce qui rend 2026 particulier, c’est la convergence entre ce règne sur Roubaix et la quête de Pogacar. La course n’est plus seulement un Monument parmi d’autres, elle devient un carrefour d’histoire individuelle et collective. Selon le résultat, les discussions dans quelques années ne seront pas les mêmes : soit on parlera de van der Poel comme d’un recordman inégalé sur les pavés, soit on rangera Pogacar dans la toute petite vitrine des coureurs à avoir tout gagné sur les Monuments.
Roubaix a toujours aimé ces grands récits. De Roger De Vlaeminck, quadruple vainqueur, à Tom Boonen, idole flamande, la course a souvent servi de scène finale à l’affirmation d’un style. Brut, offensif, sans calcul excessif. La tendance actuelle, avec un cyclisme plus contrôlé par les capteurs et les oreillettes, rend ces moments encore plus précieux. Quand un coureur part seul à 50 km de l’arrivée sur le Carrefour de l’Arbre, c’est un rappel direct aux images d’archives, aux attaques lointaines qui font basculer une carrière.
Pour les fans, ce poids de l’histoire donne aussi envie de vivre la course au bord de la route. Assister au passage à Arenberg, sentir la vibration du sol quand le peloton déboule, c’est une autre manière de comprendre pourquoi cette course dépasse largement le cercle des spécialistes. Même quelqu’un qui suit peu le cyclisme peut être happé par cette ambiance brute, loin des lignes d’arrivée aseptisées.
Ce qui frappe, en comparant les générations, c’est la permanence de certains codes. La boue, la poussière, le vélodrome, les visages marqués à l’arrivée. Mais aussi l’évolution silencieuse du matériel, des pneus, des pressions, des stratégies de nutrition. Roubaix ne change pas en surface, mais tout autour bouge sans arrêt. C’est ce contraste qui maintient la course au centre de la saison, malgré la concurrence d’autres classiques.
Au final, l’édition 2026 s’inscrit clairement dans ce fil. Quel que soit le vainqueur, cette journée sera relue plus tard à la lumière de ce qui se joue sur la décennie actuelle : la domination de quelques multi-disciplinaires, la montée en puissance des outsiders bien préparés, et le rôle croissant de la technologie dans le résultat final.
Conseils pratiques pour vivre Paris-Roubaix 2026 : spectateur, cycliste et amateur de pavés
Paris-Roubaix ne se limite pas à l’écran. Beaucoup de passionnés organisent leur week-end autour de la course, parfois en participant au Paris-Roubaix Challenge la veille, parfois en posant la voiture près d’un secteur mythique pour voir passer les pros. Pour un spectateur, la priorité reste le choix du lieu. La Trouée d’Arenberg offre le spectacle le plus spectaculaire, mais aussi la foule la plus dense. Mons-en-Pévèle et le Carrefour de l’Arbre proposent un compromis intéressant entre visibilité, accès et ambiance.
Une astuce consiste à miser sur un secteur moins médiatisé mais plus accessible en voiture ou en vélo, puis à suivre la fin de course sur un écran dans un café ou un bar local. L’Enfer du Nord se savoure aussi par les échanges avec les autres spectateurs, parfois venus de loin pour voir une fois dans leur vie le peloton sur ces pavés.
Pour les cyclistes qui veulent rouler sur le parcours ou sur des routes similaires, la préparation matérielle devient vite un sujet central. Au-delà du choix des pneus, évoqué plus haut, la pression joue un rôle critique. Beaucoup roulent encore trop gonflés sur les pavés, par peur des pincements. Or, une pression légèrement réduite, bien adaptée au poids et au type de pneu, améliore le confort, le grip et limite même certains types de crevaisons. Un coup d’œil à un guide structuré sur les pneus route aide à clarifier les grandes familles de sections et de carcasses, avant d’ajuster à son usage réel.
Pour ceux qui ne vivent pas dans le Nord mais rêvent tout de même de goûter aux sensations type Roubaix, des secteurs pavés ou des chemins empierrés existent un peu partout en France. Les cyclistes des Pyrénées, par exemple, ont rarement des pavés à domicile, mais trouvent des routes dégradées et des chemins agricoles qui reproduisent, en plus doux, une partie des contraintes. Un vélo type gravel, des pneus entre 32 et 38 mm, et quelques boucles bien choisies suffisent à retrouver cette sensation de pilotage permanent.
Pour résumer quelques points concrets, voici une courte liste de repères utiles si tu envisages de te confronter à des pavés ou à un Paris-Roubaix Challenge :
- Vélo : privilégier un cadre stable, avec assez de dégagement pour des pneus de 30 mm ou plus.
- Pneus : sections de 30 à 32 mm minimum en tubeless, avec un liquide préventif fiable.
- Pression : ajuster en fonction du poids, souvent 0,5 à 1 bar de moins que sur route lisse.
- Position : légèrement relevée pour mieux contrôler le vélo et absorber les chocs avec les bras.
- Outils : pompe, chambre de secours, multi-outil, démonte-pneus solides.
La vraie clé, que tu sois simple spectateur ou participant, consiste à accepter que Paris-Roubaix ne se vit pas comme une autre classique. Il faut prévoir des plans de repli, accepter les imprévus, garder une marge de sécurité, et surtout profiter du caractère brut de l’expérience. Ce n’est ni une balade, ni un défilé. C’est une immersion dans ce que le cyclisme a de plus direct.
Quelle est la distance totale de Paris-Roubaix 2026 et combien de kilomètres de pavés sont prévus ?
L’édition 2026 de Paris-Roubaix affiche une distance d’environ 258,3 km, dont 30 secteurs pavés représentant au total près de 54,8 km de pavés. Ces secteurs sont répartis surtout dans la deuxième moitié du parcours, avec des points clés comme la Trouée d’Arenberg, Mons-en-Pévèle et le Carrefour de l’Arbre.
Qui sont les principaux favoris de Paris-Roubaix 2026 ?
Le duel central oppose Tadej Pogacar, qui vise un succès pour compléter sa collection de Monuments, et Mathieu van der Poel, déjà triple vainqueur de Paris-Roubaix et candidat à une quatrième victoire. Wout Van Aert reste le troisième homme attendu, tandis que Mads Pedersen, Filippo Ganna, Stefan Bissegger, Dylan van Baarle ou encore Jasper Philipsen figurent parmi les outsiders sérieux.
Pourquoi Paris-Roubaix est-il surnommé l’Enfer du Nord ?
Le surnom d’Enfer du Nord vient de la combinaison de facteurs qui rendent la course extrêmement exigeante : pavés irréguliers, distances longues, météo parfois hostile, poussière ou boue, et incidents mécaniques fréquents. Historiquement, ce terme a aussi été associé aux paysages marqués par les guerres et l’industrie, donnant à la course une image rude et spectaculaire.
Quel type de vélo et de pneus utiliser pour rouler sur les pavés de Paris-Roubaix en amateur ?
Pour affronter les pavés en amateur, un vélo de route robuste ou un gravel léger avec une géométrie stable est conseillé. Des pneus tubeless d’au moins 30 à 32 mm, montés avec un bon liquide préventif, offrent un bon compromis entre confort, grip et résistance aux crevaisons. La pression doit être ajustée à la baisse par rapport à la route lisse, en fonction du poids du cycliste et du type de pneu.
Est-il possible de suivre facilement Paris-Roubaix sur place en tant que spectateur ?
Oui, mais cela demande un minimum d’organisation. Les secteurs célèbres comme la Trouée d’Arenberg ou le Carrefour de l’Arbre attirent de grandes foules, donc il faut arriver tôt et prévoir ses déplacements. Une solution pratique consiste à choisir un secteur accessible, y regarder le passage du peloton, puis rejoindre un lieu équipé d’un écran pour suivre la fin de course. Se déplacer en vélo entre deux points d’observation peut aussi être une bonne option.



