Entre Lourdes et Hautacam, un nom s’est imposé dans le paysage du cyclisme pyrénéen : le Col de Spandelles. Longtemps simple route forestière coincée entre les vallées du Bergons et de l’Ouzom, ce col de montagne a basculé dans une autre dimension quand il est devenu le nouveau col du Tour de France lors de l’étape 2022. Depuis, de plus en plus de cyclistes viennent vérifier par eux-mêmes si sa réputation de montée exigeante, étroite et technique est méritée. Avec ses 15,5 km d’ascension depuis Argelès-Gazost, ses ruptures de pente et sa descente nerveuse sur Ferrières, Spandelles est devenu un test très concret pour tout amateur de vélo de montagne.
Ce col perché à 1 378 mètres n’a rien d’un décor de carte postale aseptisé. La route se faufile dans une forêt dense, se raidit brutalement par endroits, puis offre quelques respirations au milieu des clairières. On y roule souvent seul, loin du trafic des grands axes comme le Tourmalet ou l’Aubisque. Le contraste est frappant : sur quelques kilomètres à peine, on passe des faubourgs d’Argelès à un environnement presque sauvage, typique des Pyrénées centrales. Pour préparer une sortie, anticiper les braquets ou organiser une boucle sportive, mieux vaut connaître ses pièges, ses points d’eau implicites et la façon dont le Tour l’a mis en lumière. C’est tout l’intérêt de décortiquer ce col qui, sans être le plus haut, s’impose aujourd’hui comme une pièce maîtresse des itinéraires cyclistes autour du Val d’Azun.
En bref
- Altitude et profil : sommet à 1 378 m, 15,5 km d’ascension depuis Argelès-Gazost, 925 m de dénivelé, pente moyenne autour de 6 % avec des passages jusqu’à 13 %.
- Caractère du col : route étroite, ambiance forestière, trafic quasi nul, montée irrégulière typiquement pyrénéenne avec de vraies ruptures de pente.
- Place dans le Tour de France : premier passage en 2022, lors de l’étape Lourdes – Hautacam, où Wout van Aert a dynamité l’avant du peloton au sommet.
- Difficulté : montée classée en catégorie 1, exigeante mais accessible avec un braquet adapté (type 34×34 ou 34×36) et une bonne gestion de l’effort.
- Intérêt pour le cycliste : col idéal pour une boucle technique avec le Soulor, parfait pour se tester en montée irrégulière et en descente piégeuse.
Col de Spandelles à vélo : profil, chiffres clés et sensations sur cette ascension du Tour de France
Sur le papier, le Col de Spandelles à vélo ressemble à beaucoup d’autres ascensions pyrénéennes : 15,5 km, 925 m de dénivelé, une pente moyenne de 6 % depuis Argelès-Gazost. En réalité, la route raconte une autre histoire. Dès la sortie de la ville, la montée prend la D918 en direction du Soulor, puis bifurque rapidement sur la route de Gez. C’est à ce moment que le ton est donné : chaussée qui se rétrécit, virages serrés et premiers pourcentages sérieux. Le col ne gagne pas son statut de montée exigeante sur un long faux-plat, mais sur une succession de rampes qui cassent bien les jambes si l’on part trop vite.
L’ascension débute vers 450 m d’altitude pour finir à 1 378 m. On empile donc 925 m de dénivelé positif en un bloc. Rapporté à la distance, cela donne environ 60 m gagnés par kilomètre, ce qui se traduit concrètement par des kilomètres à 6–7 % en moyenne, avec certains qui flirtent avec 10 % ou plus. Le tout sur une route où l’on ne peut pas toujours se mettre en danseuse à l’aise, car le revêtement reste parfois rugueux et la trajectoire doit rester propre.
Les notes subjectives qu’on voit parfois circuler sur ce col sont parlantes : longueur 4/5, difficulté 3/5, paysage 3/5, trafic 5/5, pour une note globale autour de 15/20. Autrement dit, une montée sérieuse mais pas élitiste, très appréciée pour la tranquillité de sa route. Certains puristes du cyclisme de montagne lui reprocheront un panorama un peu fermé dans la forêt ; d’autres y verront un terrain idéal pour travailler l’allure sans être distrait par les grands points de vue.
La comparaison avec d’autres grands cols de montagne français aide à situer le Spandelles. On le classe souvent comme un peu moins dur qu’un géant comme l’Izoard en termes de pente moyenne, mais plus long que certains cols courts et explosifs. Ce n’est pas un mur type Mur-de-Bretagne, ni un interminable col alpin à 30 km : il se place entre les deux, avec une intensité continue. La densité de dénivelé, proche de ce que l’on trouve sur des cols de référence, confirme qu’il ne faut pas le sous-estimer.
En termes de sensations, la signature de cette montée tient dans ses irrégularités. Impossible de se caler à 230 watts et d’attendre le sommet. La route envoie des coups de boutoir à 10–13 % sur plusieurs centaines de mètres, puis lâche prise à 4–5 % pendant quelques virages. Pour un cycliste amateur qui aime gérer au cardio, ce type de profil demande plus de souplesse dans la gestion de l’effort et dans le choix des braquets.
Autre élément qui pèse sur le ressenti : le faible trafic motorisé. Rouler quasiment seul sur une route étroite, avec un ruban d’asphalte qui serpente dans la forêt, crée une forme de huis clos. On se retrouve vite face à soi-même, surtout quand la chaleur s’installe dans les parties basses. Beaucoup ressortent de cette ascension avec l’impression d’avoir passé un vrai test mental, presque autant que physique.

Tableau récapitulatif des caractéristiques du Col de Spandelles depuis Argelès-Gazost
Pour ceux qui aiment préparer leurs sorties comme une petite étude de cas, voici les principaux chiffres résumés dans un tableau clair, utile pour calibrer une journée de vélo ou une reconnaissance avant une course cyclosportive.
| Caractéristique | Valeur principale | Commentaire terrain |
|---|---|---|
| Altitude du sommet | 1 378 m | Niveau comparable à d’autres cols pyrénéens de catégorie 1. |
| Distance depuis Argelès-Gazost | 15,5 km | Montée continue, sans replat complet. |
| Dénivelé positif | 925 m | Bloc unique de dénivelé, intéressant pour travailler l’endurance. |
| Pente moyenne | 6 % | Valeur lissée, qui masque des passages nettement plus raides. |
| Pente maximale | 13 % | Plusieurs centaines de mètres très raides, à anticiper en braquet. |
| Catégorie | Catégorie 1 | Niveau « gros col » pour le peloton amateur comme pour le Tour de France. |
| Trafic motorisé | 5/5 (très faible) | Route souvent déserte, idéale pour le travail spécifique. |
Une fois ces chiffres posés, la suite logique consiste à décortiquer la montée segment par segment, car sur le Spandelles, chaque portion a son caractère propre et appelle une manière de rouler différente.
Itinéraire détaillé de l’ascension depuis Argelès-Gazost : où se gagnent et se perdent les minutes
L’attaque du Col de Spandelles à vélo commence à Argelès-Gazost, sur la route qui mène habituellement au Soulor. Après quelques centaines de mètres sur la D918, une épingle à droite envoie sur la route de Gez. Ce simple changement de direction marque la sortie du flux routier pour entrer dans une ambiance plus intimiste. Les premiers 1,5 km jusqu’au village de Gez tournent autour de 6 %, avec deux petits lacets qui aident à poser le rythme. C’est la portion la plus trompeuse : on a tendance à se sentir frais, à appuyer un peu trop, ce qui peut coûter cher plus loin.
À Gez, vers 617 m d’altitude, la pente conserve un air de montée « normale » jusqu’à l’entrée du hameau de Bédarts, autour de 700 m. Après ce point, la route montre une autre facette. Trois kilomètres se succèdent avec des bornes affichant 10 %, ponctuées de passages à 13–14 %. La rampe la plus sévère se niche là. Mal gérée, elle peut transformer le reste du col en chemin de croix, surtout lors d’une journée chaude où l’humidité de la forêt accentue la sensation d’étouffement.
Au cinquième kilomètre, on atteint Las Houtadales. La pente se détend alors nettement et permet de respirer un peu. C’est la première vraie fenêtre pour réorganiser son effort, boire, manger quelque chose et remettre de l’ordre dans le coup de pédale. Le décor se fait plus ouvert, avec un paysage rural qui s’éloigne progressivement pour basculer vers un environnement marqué par le Parc national des Pyrénées.
La suite de l’ascension plonge dans la forêt domaniale. On suit le ruisseau du Bergons en franchissant la barre des 1 000 m d’altitude. La route se tortille moins, les courbes s’allongent, et l’on trouve une portion plus rectiligne à l’approche du refuge du Haugarou, perché à environ 1 215 m. Ce secteur, souvent sous-estimé, se joue davantage à la constance qu’à la puissance. On y croise parfois quelques randonneurs ou des familles en voiture, mais la sensation dominante reste celle d’un isolement tranquille.
Après le passage près du ruisseau Durons, la pente se réinstalle autour de 7 %, avant un ultime durcissement à 9 %. La route contourne le pic de Navaillo par son flanc est et file vers le sommet sans proposer de répit véritable. C’est ici que les jambes parlent franchement. Ceux qui ont su garder une marge dans la première moitié de la montée peuvent encore allonger un peu. Les autres se contentent de limiter la casse.
Au sommet, l’ambiance n’a rien d’une station de ski bondée. Pas de grands parkings ou de boutiques à souvenirs, juste une bascule vers l’autre versant, en direction de Ferrières. On touche là une particularité du Spandelles : tout incite à en faire un morceau d’une boucle plus large, plutôt qu’un aller-retour isolé.
Exemple de boucle avec le Col du Soulor : la grande classique des grimpeurs locaux
Pour exploiter pleinement ce col de montagne, un itinéraire revient souvent dans les carnets de route des cyclistes du coin. Départ d’Argelès-Gazost, montée du Spandelles par le versant est, descente sur Ferrières, enchaînement avec le col du Soulor, puis retour sur Argelès. On arrive à peu près à 60 km et environ 2 000 m de dénivelé positif, ce qui fait une sortie dense mais jouable pour un cycliste entraîné.
Le Soulor, déjà bien documenté sur des ressources comme ce guide détaillé du col du Soulor à vélo, apporte une dimension plus panoramique à cette boucle. Après la forêt serrée du Spandelles, les pâturages ouverts et les vues sur l’Aubisque créent un contraste saisissant. Ce montage Spandelles + Soulor permet aussi de comparer deux types de montées : l’une plus technique et confidentielle, l’autre plus roulante et classique du Tour de France.
Ce genre de boucle sert de référence pour beaucoup de groupes locaux. Certains la font comme test annuel de forme, d’autres l’utilisent comme préparation avant de s’attaquer à des enchaînements plus lourds type Tourmalet + Luz Ardiden. Dans tous les cas, la portion Argelès–Spandelles reste le juge de paix qui donne le ton de la journée.
Le Col de Spandelles dans le Tour de France : naissance d’un nouveau col mythique
Quand le Tour de France a intégré le Spandelles pour la première fois en 2022, lors de la 18e étape Lourdes – Hautacam, beaucoup ont parlé de pari tactique. Sur le tracé, le col arrivait après l’Aubisque et avant l’ultime montée vers Hautacam, dans une journée taillée pour les grands écarts. Surtout, ce nouveau col se dressait sur une route étroite, goudronnée récemment pour l’occasion, loin des grands axes habituels de la course cycliste.
Ce jour-là, le scénario a validé ce choix. Dès le départ de Lourdes, le maillot vert Wout van Aert a mis le feu en participant aux premières offensives. Un groupe d’échappés conséquent s’est formé, puis réduit après le col d’Aubisque. En abordant le Spandelles, seule une vingtaine de coureurs restaient en tête, avec une avance d’un peu plus de quatre minutes sur le peloton des favoris.
Sur la section forestière entre Gez et Ferrières, Van Aert a imposé un tempo qui a fait exploser ce groupe en plusieurs morceaux. Le maillot vert a franchi le sommet en tête, égalant au passage une performance rare : comme Thor Hushovd en 2009, il s’est offert le passage en tête d’un col de première catégorie avec le classement par points sur les épaules. Ce type d’exploit rappelle que les profils de coureurs évoluent, et qu’un rouleur-sprinter peut venir jouer sur des terrains de montagnards.
L’impact le plus marquant s’est joué plus tard dans la journée, sur la montée finale d’Hautacam. Van Aert, après avoir animé la journée dès le kilomètre zéro, est encore allé se placer en tête du groupe des favoris pour emmener Jonas Vingegaard et mettre sous pression Tadej Pogacar. Les commentaires télé de l’époque restent dans les mémoires, entre l’incrédulité des consultants et l’enthousiasme des suiveurs. En quelques kilomètres, le Belge a contribué directement à faire sauter le maillot blanc et à sécuriser le maillot jaune.
Depuis cette date, le Spandelles a changé de statut. Pour beaucoup d’amateurs, le grimper à leur tour revient à marcher sur les traces de cette étape charnière. La route forestière que presque personne ne connaissait hors des locaux a gagné sa place dans les conversations au même titre que les Aubisque, Soulor ou Hautacam. On entend souvent des phrases du type « c’est sur cette rampe que Van Aert a commencé son numéro ». D’un point de vue d’image, difficile de rêver meilleure entrée en scène pour un col jusqu’alors anonyme.
Ce passage du Tour a aussi mis en avant une tendance de fond : les organisateurs cherchent de nouveaux terrains, parfois plus sauvages, pour renouveler le script des étapes de montagne. Le Spandelles, par son profil irrégulier et sa descente technique, se prête parfaitement à ce type d’écriture de course, où la bagarre peut commencer loin de l’arrivée.
Pourquoi le Spandelles colle si bien aux exigences de la grande boucle
Au-delà de l’épisode 2022, ce col coche plusieurs cases intéressantes pour une grande course cycliste. La première, c’est son caractère piégeux. Sur une route large comme le Tourmalet, le peloton reste plus compact, les équipiers peuvent protéger leurs leaders, et les écarts se creusent souvent dans les deux derniers kilomètres. Sur une route étroite comme celle du Spandelles, chaque accrochage, chaque hésitation de trajectoire peut coûter de précieuses secondes.
La deuxième, c’est son positionnement géographique. Entre Lourdes, Argelès-Gazost, le Val d’Azun, Ferrières, le Soulor et Hautacam, le col se cale parfaitement dans un maillage de montées déjà mythiques. Il permet d’inventer des tracés variés, avec des enchaînements qui évitent les grands axes routiers. Pour le spectateur comme pour le coureur, cela change clairement du schéma classique « vallée – grand col – vallée – arrivée en montée ».
Enfin, le col s’inscrit dans cette logique de mise en valeur des routes secondaires pyrénéennes. Beaucoup méritent autant d’attention que les géants historiques. Le Spandelles a simplement eu la chance (ou la malchance, selon le point de vue des mollets) d’être choisi comme ambassadeur de cette nouvelle vague. Difficile de ne pas penser qu’il reviendra sur le Tour dans les années à venir, sous une forme ou une autre.
Préparer l’ascension du Col de Spandelles : braquets, rythme, hydratation et descente technique
Aborder le Col de Spandelles à vélo sans réflexion préalable sur le matériel, c’est prendre le risque de tout faire en survie. Compte tenu des pentes à 13 % et de l’irrégularité du profil, un braquet de type compact (34 dents) avec une cassette allant jusqu’à 32 ou 34 dents à l’arrière reste une option raisonnable pour la grande majorité des cyclistes. Certains n’hésitent pas à monter un 36 ou 40 dents pour rouler plus souple dans les rampes les plus sévères, surtout si la sortie dépasse les 2 000 m de dénivelé.
En termes de gestion de l’effort, l’erreur classique consiste à se fier aux premières bornes à 6 % et à rouler comme sur un col régulier. Avec la série de kilomètres entre Bédarts et Las Houtadales, on se retrouve vite dans le rouge. Un bon repère pour un cycliste régulier tourne autour de 1 h 02 à 15 km/h de moyenne, tandis qu’un cycliste bien entraîné peut viser moins de 50 minutes. Les plus contemplatifs ou débutants mettront autour de 2 h. Quelle que soit la catégorie, partir avec 5 à 10 % de marge sur son seuil au début de la montée évite les défaillances en fin d’ascension.
La question de l’hydratation ne se résume pas à « boire beaucoup ». Sur ce col, les points d’eau ne sont pas légion une fois qu’on quitte Argelès. Deux bidons de 500 à 750 ml chacun constituent un minimum pour la montée et la descente jusqu’à Ferrières, surtout en plein été. Ajouter une boisson légèrement salée ou un mélange eau + sirop + pincée de sel de table peut aider à limiter les crampes sur la fin de la montée ou lors de l’enchaînement avec un autre col.
La descente vers Ferrières mérite une attention particulière. Classée comme « très technique » par la plupart des retours d’expérience, elle cumule plusieurs facteurs : pente moyenne élevée, virages serrés, revêtement parfois irrégulier et route étroite. Pour un cycliste peu à l’aise en descente, la clé consiste à réduire l’allure, garder deux doigts sur les freins, bien regarder loin dans le virage et éviter les trajectoires agressives. Un réglage soigné des patins ou des freins à disque avant la sortie n’a rien d’un luxe.
Les pratiquants aguerris, eux, voient dans cette descente un terrain de jeu technique précieux. Travailler les entrées de courbes, la modulation du freinage et la relance en sortie permet d’acquérir des automatismes qui serviront partout ailleurs. La prudence reste de mise, mais s’interdire tout engagement ne rend pas service au progrès. Comme souvent en montagne, l’équilibre se trouve entre humilité et ambition.
Check-list avant de se lancer dans l’ascension
Pour éviter les mauvaises surprises, une petite check-list avant de monter sur le vélo aide à partir l’esprit libre. Elle n’a rien de théorique : nombre de journées gâchées auraient pu être évitées avec quelques vérifications simples.
- Vérifier le freinage : plaquettes en bon état, disques propres ou patins bien alignés, leviers fermes.
- Choisir un braquet adapté : idéalement un 34×32 ou 34×34 pour garder une cadence souple dans les passages à 13 %.
- Emporter assez de ravitaillement : au moins deux bidons, un ou deux gels ou barres énergétiques pour la montée et la descente.
- Contrôler les pneus : pression adaptée à la route de montagne (légèrement en dessous des pressions « plaine ») pour gagner en grip.
- Prévoir un coupe-vent léger : même en été, la descente vers Ferrières peut être fraîche si le sommet est dans les nuages.
Les cyclistes de passage sans matériel peuvent envisager la location, par exemple auprès d’un loueur local comme Bike and Py à Tarbes, souvent cité dans la région. Ce type de service offre des vélos déjà pensés pour l’usage montagne, avec des développements et des freins adaptés. Une manière simple de s’éviter le casse-tête des réglages si l’on vient uniquement pour un week-end.
Ambiance, paysages et idées de sorties autour du Col de Spandelles
Spandelles n’est pas qu’un ensemble de chiffres. Son charme vient de l’ambiance qu’il offre une fois en selle. La première moitié, jusqu’à Las Houtadales, baigne dans un décor de villages pyrénéens aux maisons serrées, de prairies où paissent quelques troupeaux, et de tronçons forestiers qui se referment sur la route. Le silence y est frappant. On entend surtout le bruit de la chaîne, quelques voitures de riverains, le clapotis du Bergons quand on s’en approche.
À mesure que l’on gagne de l’altitude, les perspectives se dégagent par petites fenêtres. Vers le sud, se détachent les cimes du pic d’Estibète, du Soum de Granquet, plus loin le massif du Val d’Azun. Au-dessus du refuge du Haugarou, la sensation de se trouver sur un balcon naturel se renforce. Ce n’est pas le grand cirque minéral à la Gavarnie, mais un paysage plus feutré, assez authentique pour donner envie d’y revenir à d’autres saisons.
Une fois au sommet, les possibilités ne se limitent pas au simple retour par la route. Beaucoup combinent le col avec une randonnée pédestre vers le pic de Bazès, qui surplombe la vallée et la petite station de fond de Couraduque. D’autres choisissent de filer vers Ferrières, d’attaquer ensuite le Soulor par ce versant, ou d’imaginer des parcours plus longs qui rejoignent le Lavedan et ses multiples variantes de cols.
Pour un cycliste qui découvre la région, une idée raisonnable consiste à consacrer une journée entière à un duo Spandelles + Soulor, comme évoqué plus haut, puis une autre journée à un itinéraire plus « carte postale » autour de l’Aubisque et d’Hautacam. Le Spandelles sert alors de laboratoire, où l’on teste son matériel, sa capacité à gérer les ruptures de pente, et sa maîtrise des descentes étroites avant de se frotter à des routes plus fréquentées.
Un point qui mérite d’être souligné : contrairement à certains cols surfréquentés par les voitures et les motos, le trafic ici reste très faible. Pour un cycliste habitué aux grands axes alpins ou aux routes très touristiques, cette solitude peut surprendre. Elle a un avantage évident en termes de sécurité, mais impose aussi de ne pas négliger la préparation : en cas de pépin mécanique ou de fringale, l’aide ne vient pas en cinq minutes.
Pour prolonger l’exploration, certains enchaînent les sorties en incluant d’autres classiques voisins. Le Soulor, déjà mentionné, en fait évidemment partie, tout comme l’Aubisque ou même l’accès vers Hautacam. Sur Internet, des ressources comme les fiches d’ascension détaillées aident à bâtir des séjours cohérents, où chaque journée propose un volume de dénivelé adapté au niveau du groupe.
En résumé, le Spandelles s’impose comme un col pivot dans cette portion des Pyrénées. Ni trop long, ni anecdotique, suffisamment discret pour garder une atmosphère de montagne vraie, mais suffisamment médiatisé par le Tour pour susciter la curiosité. Ceux qui y montent une fois ont rarement l’impression d’avoir « coché un point sur une liste ». Ils repartent plutôt avec un repère solide pour jauger leurs futures ascensions, que ce soit dans les Pyrénées ou ailleurs.
Quel niveau faut-il avoir pour grimper le Col de Spandelles à vélo ?
Le Col de Spandelles demande un minimum d’habitude des sorties en montagne. Avec 15,5 km d’ascension, 925 m de dénivelé et des passages à 13 %, il s’adresse à des cyclistes capables d’enchaîner au moins 1 000 à 1 200 m de dénivelé dans une sortie. Un cycliste débutant mais régulier peut le grimper en prenant son temps (autour de 2 heures), à condition de choisir un braquet adapté et de bien gérer l’alimentation.
Quel braquet recommander pour cette ascension pyrénéenne ?
Pour la plupart des pratiquants, un pédalier compact (34 dents) associé à une cassette 11-32 ou 11-34 est un bon compromis. Cela permet de garder une cadence correcte dans les portions à 10–13 % sans être obligé de se mettre systématiquement en danseuse. Les cyclosportifs très entraînés pourront se contenter d’un 36×30, mais ce n’est pas indispensable pour profiter du col.
Peut-on intégrer le Col de Spandelles dans une boucle avec un autre col ?
Oui, c’est même l’un de ses principaux intérêts. La boucle Argelès-Gazost – Col de Spandelles – Ferrières – Col du Soulor – retour sur Argelès est une grande classique. Elle cumule environ 60 km et 2 000 m de dénivelé positif, avec un premier col plus sauvage et technique (Spandelles) suivi d’un col plus panoramique et régulier (Soulor).
La descente du Col de Spandelles est-elle dangereuse ?
La descente vers Ferrières est très technique, avec des pentes fortes, des virages serrés et une route étroite. Pour un cycliste peu à l’aise, le mot d’ordre reste la prudence : vitesse modérée, freinage anticipé et trajectoires propres. Bien réglé ses freins avant la sortie réduit nettement les risques. Ceux qui maîtrisent la descente y trouvent un terrain intéressant pour affiner leur technique.
Y a-t-il beaucoup de circulation sur le Col de Spandelles ?
Non, c’est l’un de ses atouts. Le trafic motorisé est très faible sur ce col, loin des grands axes touristiques. On y croise principalement des riverains, quelques randonneurs et des cyclistes. Cette tranquillité renforce le sentiment de montagne, mais implique de bien préparer sa sortie car les points d’aide ou de ravitaillement sont rares une fois la montée engagée.



